dimanche 10 juillet 2005

Trente millions d'abrutis

Billet sauvé par Toune


Mes deux fidèles compagnons s'entendent mieux que jamais : le chien fait des trous dans la pelouse, et le chat passe des heures à guetter au bord, des fois qu'un os en sortirait. Abrutis, mais complémentaires.

Ce soir, dans le jardin qui sent la lavande, j'ai fait mon petit passage en revue : câlins bêtifiants avec le félin, puis une bonne partie de pouic-ball avec le monstre qui pue. Ca a fait des jaloux : un martinet qui passait en a profité pour me chier sur la tête.

Les bestioles, c'est rien que des saloperies.

dimanche 29 mai 2005

Crise d'adolescence

Et voilà !

On leur donne le biberon, on veille jalousement sur leur croissance et leur épanouissement, on essaie de leur donner la meilleure éducation possible... Et puis ils grandissent trop vite.

Alors qu'ils ne pouvaient pas se passer de nos genoux, de nos câlins et de notre présence, les voilà qui feignent de nous ignorer quand on les croise dans la salle de bains. Ils sortent le soir, avalent n'importe quoi, rentrent aux lueurs de l'aube, et font la grasse matinée jusqu'à 14 heures. Nous, pendant ce temps-là, on s'active pour leur offrir des conditions de vie suffisamment dignes, et pour leur mitonner des petits plats qui ne susciteront qu'une moue boudeuse.

Le mien disparaît toutes les nuits, maintenant. Quand il revient, c'est un véritable zombie. A peine un signe de tête, et il s'affale dans le canapé pour récupérer de ses frasques. Il a des fréquentations de plus en plus douteuses, je crois même qu'il se bat.

Alors j'attends ses retours, le coeur serré. Et je savoure tant que je peux ces trop brefs instants de complicité qu'il accepte encore de m'accorder parfois.

Les chats, c'est vraiment des ingrats.

mardi 6 juillet 2004

Epilogue

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Comme je le disais il y a quinze jours, Dame Nature est vraiment une fieffée salope.

Après avoir survécu au chat, au chien et aux chutes, notre amie la pie est morte cette nuit, sur le bureau où je tape ces lignes.

En quinze jours, ce volatile avait réussi à apprivoiser toute la maisonnée : elle sautait sur les genoux des enfants, réclamait sa bouffe en piaillant, et se baladait sur mon ordinateur pour frimer.

Et puis, hier soir, une alerte : son gosier était devenu tout blanc. Je l'ai pas emmenée chez le vétérinaire : trop crevé, trop tard, un peu la honte, aussi, de débarquer avec un animal sauvage (les vétos qui se respectent ne font pas payer la consultation pour ce type de bestioles). On verra demain.

Ce matin, c'était tout vu. Il a fallu que je raconte aux enfants que la pie s'était envolée, et qu'elle avait retrouvé ses parents.

Bon bin voilà. On va pas en faire tout un plat pour un oiseau, on va pas tomber dans un sentimentalisme à deux balles pendant que des enfants meurent à tous les coins de rue du monde, mais j'ai quand même les boules.
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La vie est une tartine de merde.

mardi 29 juin 2004

Cui cui cui

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Adoncques il arriva que j'ai adopté une pie. Et que ce volatile, nourri à la patée pour chats sur les conseils d'un vétérinaire de mon entourage, a rapidement repris du poil de la bête : ça se cachait dans l'herbe, misérable et claudiquant, quand je l'ai récupéré. Voilà que ça se dresse sur ses pattes pour râler quand la bouffe n'arrive pas assez vite à son goût... Essayez de m'imaginer, moi Nonal le Chacal, fondateur de l'ordre du Gastéropode Lumineux, donnant la becquée à une bestiole qui s'endort sur mon ventre une fois repue...

J'ai consulté quelques témoignages de sauveurs de pies sur le ouaibe, je fais même partie d'une liste de discussion consacrée à ce sujet (!), eh bien en vérité, je vous le dis, je suis pas sorti de l'auberge. Non seulement la pie bavarde s'apprivoise aussi facilement que je me mouche, mais il semble qu'en plus elle aime ça, la bougresse. En tout cas, la mienne ne manifeste aucune vélléïté d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs, ou si les lombrics ont le même goût que la terrine de cabillaud de chez Ron-Ron. Quant au chien le plus bête de l'Ouest, il a fini par comprendre qu'on ne bouffe pas l'amuse-gueule qui se trémousse sous son nez. Mais ça lui fait mal au coeur : ce soir, il s'est retenu parce que la soumission au Maître, c'est une religion pour laquelle il manifeste généralement des penchants extrémistes. Mais il en tremblait de colère.

Demain, j'adopte un varan de Komodo. Et après, je construis un bateau en attendant le déluge.

mercredi 23 juin 2004

Sale temps pour les piafs

zimageExcusez-moi de dire ça, mais Dame-Nature est vraiment une belle salope. A quoi ça sert de se faire chier tout le printemps avec les parades amoureuses, la nidification, la couvée et l'éducation des petits, si c'est pour qu'une stupide bourrasque vienne tout foutre par terre ?

Catastrophe thermonucléaire chez les pies. Leur oisillon, sûrement le dernier de la nichée vu la taille, a été emporté par le vent. Il a été sonné, le chien a voulu le bouffer, mais ça va, il se remet tranquillement dans mon sous-sol. Le problème c'est qu'une heure plus tard, une deuxième rafale a fait tomber la Villa des parents. Depuis, c'est la panique : ça s'agite, ça craquette à tout va, ça s'inquiète sûrement, mais je ne vois pas d'issue au problème. Sans nid, je peux pas leur rendre le petit : il va se faire bouffer par les chats du quartier dans l'heure qui suit.

Vous avez déjà vu un nid de pie ? C'est incroyable, le boulot que ça représente. Une base en grosses branches, puis des fondations en terre séchée, une charpente circulaire en brindilles de plus en plus fines, et à l'intérieur, un tendre coussin d'herbes fines. Des heures et des heures de boulot, une science innée de l'architecture, une intelligence pratique jamais démentie... Les promoteurs immobiliers feraient bien d'en prendre de la graine. J'aurais du mal à reproduire un ouvrage aussi fin avec mes mains, alors avec un bec... Quand on pense que ces oiseaux n'ont même pas d'assurance multirisque-habitation, ça file le vertige.

En attendant, me voilà tuteur légal d'une magnifique petite pie. Pour fêter l'adoption, elle m'a chié dessus deux fois, je sens que notre histoire est partie pour durer.

Du coup, je suis allé voir comment ça se passait chez les tourterelles. Rassurez-vous, ça tient le coup. Voilà de bons parents : depuis que les petits sont nés, on revoyait le couple Tourterelle sortir de temps en temps. Ils devaient se refaire les promenades de l'époque insouciante : un petit tour sur mon toit où ils se sont rencontrés, un autre sur la haie du voisin, une virée sur le lampadaire... Maintenant, je sais pourquoi on dit "des tourtereaux" pour désigner des amoureux : ces bestioles-là ne se déplacent qu'à deux. Mais le vent a commencé à souffler, alors Madame Tourterelle est illico retournée à son poste. Depuis, elle veille au grain, avec l'obstination qui la caractérise depuis qu'on s'est rencontrés.

Demain, je vous donnerai des nouvelles des hirondelles.