Billet sauvé par Jade Mire


Le train de Paris, à sept heures, c'est la plaie. Il y a le sempiternel gros con qui laisse sonner son portable pendant tout le trajet ; il y a le djeunz qui dodeline du chef, l'oeil terne et la bouche ouverte, en infligeant ses basses technoïdes à tout un wagon par la seule force des écouteurs de son iPod ; il y a les deux salariées de la SO.GI.NEC qui gratifient les voyageurs de leurs considérations postillonnesques sur Josiane, la rousse des relations humaines ; et, bien évidemment, il y a ces salopards d'employés de la SNCF, sourire aux lèvres et moustaches aux aguets, qui narguent tout le monde parce qu'ils ne paient pas leur billet, EUX, nananèèèèère et bisque rage.

Heureusement, ce matin, elle était là, tout près, sur le siège en face de moi. Elle était belle et ronde, épanouie de fraîcheur matinale, nimbée d'une impalpable rosée qui perlait sur son teint délicat. Elle était là, émouvante et pulpeuse, à portée de main. Elle était là, et sa seule présence a contribué à enchanter mon voyage.

Ce matin, j'ai passé deux heures en tête à tête avec une couille.