samedi 4 mars 2006
Mon very best of
Par M. LeChieur, samedi 4 mars 2006 à 00:47 :: J'aime pas les gens
Ce qui est chiant, avec les blougs, c'est que chaque nouveau billet écrase le précédent. On avait torché un chouette truc, on en était plus ou moins content, mais voilà, aujourd'hui on est d'humeur à écrire "prout" ou "libérez Laurent Gloaguen", alors les efforts passés disparaissent dans les limbes. On a beau mettre des liens vers les archives, un calendrier (que j'ai viré parce qu'il fait des bugs) ou une table des matières, faut pas se leurrer : en dehors de quelques asociaux notoires, qui passent leur temps à éplucher des blougs au lieu de se vautrer dans le stupre, personne ne regarde jamais les vieux posts de plus d'un mois.
Alors voilà, j'ai décidé de répondre à la question qu'on ne m'a pas posée, "quels sont les billets que j'aurais envie de garder, si je ne pouvais en sauver que 12 ?". Le résultat, c'est ce qui apparaît ci-dessous. Ma petite compil à moi, quoi... Exercice narcissique s'il en est, mais bon, on est blougueur ou on ne l'est pas, hein...
- Le Gastéropode Lumineux (décembre 2002). Un texte fondateur, pas moins.
- Ceux qui marchent debout (janvier 2003). J'ai toujours la même haine pour René Barjavel, cette vieille baderne opportuniste, avec ses ficelles à la con et son pétainisme rampant. Qu'on continue à obliger des tas de collégiens à acheter Ravage, ça me sidère. Le monde serait tellement plus beau, si chaque prof de français était muni d'un cerveau en état de marche.
- Fait divers (décembre 2003). Je me demande comment Félix Fénéon aurait rédigé la chose dans ses excellentes "Nouvelles en trois lignes".
- L'oeil était souriant (mai 2004). La seule raison valable d'avoir un bloug : parce que ça entretient la mémoire. J'ai une théorie quasi métaphysique sur la nécessité qu'il y a de tenir un journal pour retarder le flux du temps qui passe, mais ce serait trop long à expliquer ici et aujourd'hui. N'empêche. Ce genre de texte n'a AUCUN intérêt pour personne, en dehors de moi, parce qu'il me rappelle un fragment d'existence que j'aurais oublié sans lui.... Alors qu'en relisant le billet, je retrouve les sensations éprouvées ce jour-là avec une acuité étonnante. D'ailleurs, c'est à cause de ce billet et de quelques autres si je n'ai finalement pas brûlé les archives.
- Such a perfect day (juillet 2004). Idem : un minuscule bout d'existence que j'aurais laissé filer. Et surtout, un billet qui m'a apporté rien moins qu'une amitié qui m'est chère. Merci, Google.
- Les Hommes Bleus (novembre 2004). Quand je plonge tête la première dans la nostalgie facile, ça devient sirupeux à en vomir. Berk.
- Inventaire (mars 2005). Un billet qui suinte l'ennui comme une journée de chômage à Montceau-les-Mines. J'adore.
- Cent "je me souviens" (décembre 2003) et Elle se souvient aussi (juin 2005). Oui, bon, je suis un peu obsédé par les histoires de mémoire. Et par Georges Perec. Mais si vous aussi vous avez envie de vous souvenir, ça m'intéresse.
- Les seins de Lucie (juillet 2005). J'ai fini par me rappeler : le type s'appelait Franck. On s'en fout.
- Le peintre et la petite fille. (août 2005). Un sacré bon moment, en effet.
- La nuit de la grotte (décembre 2005). Une participation au sablier de Kozlika (le premier paragraphe était imposé, il fallait écrire la suite). Le genre de moment décourageant, où l'on est crevé, où l'on n'a rien à dire, mais où l'on improvise quand même un truc vite fait parce qu'on est joueur, merde. Et puis finalement, je me suis marré tout seul en écrivant la chute.
- Eurydice (janvier 2006). Autre jeu, cette fois organisé par Ka. Plein de contraintes (longueur du billet, nombre de phrase, forme "journal"), j'aime bien. Pas de bol, ce petit texte n'a pas eu l'air de plaire à qui que ce soit à part moi. Je m'en fous, mon avis compte beaucoup pour moi-même-je.
...et voilà. Si c'était une chaîne, je passerais le relais à Xave, tant ce garçon n'est finalement qu'un paradoxe avec une barbe. En effet, je ne connais pas de bloug plus ancien que le sien, ni de blougueur plus scrupuleux que lui sur la sacro-sainte conservation des archives et des incunables. Effacez un seul octet de vos pages passées, et il vous appellera "Staline", c'est dire. Mais en même temps, avec la configuration toute personnelle qu'il a faite de son bloug vous n'avez quasiment AUCUNE chance de retrouver les billets qu'il a écrits ne serait-ce que la veille ou l'avant-veille... Un chieur, quoi.
Bin tiens, hop, on n'a qu'à dire que c'est une chaîne. Vas-y, Xave, dis-nous quels seraient les 12 billets que tu garderais chez toi, si tes disques durs étaient en train de flamber...




