mardi 29 juin 2004
Cui cui cui
Par M. LeChieur, mardi 29 juin 2004 à 00:27 :: Les animaux sont des cons

Adoncques il arriva que j'ai adopté une pie. Et que ce volatile, nourri à la patée pour chats sur les conseils d'un vétérinaire de mon entourage, a rapidement repris du poil de la bête : ça se cachait dans l'herbe, misérable et claudiquant, quand je l'ai récupéré. Voilà que ça se dresse sur ses pattes pour râler quand la bouffe n'arrive pas assez vite à son goût... Essayez de m'imaginer, moi Nonal le Chacal, fondateur de l'ordre du Gastéropode Lumineux, donnant la becquée à une bestiole qui s'endort sur mon ventre une fois repue...
J'ai consulté quelques témoignages de sauveurs de pies sur le ouaibe, je fais même partie d'une liste de discussion consacrée à ce sujet (!), eh bien en vérité, je vous le dis, je suis pas sorti de l'auberge. Non seulement la pie bavarde s'apprivoise aussi facilement que je me mouche, mais il semble qu'en plus elle aime ça, la bougresse. En tout cas, la mienne ne manifeste aucune vélléïté d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs, ou si les lombrics ont le même goût que la terrine de cabillaud de chez Ron-Ron. Quant au chien le plus bête de l'Ouest, il a fini par comprendre qu'on ne bouffe pas l'amuse-gueule qui se trémousse sous son nez. Mais ça lui fait mal au coeur : ce soir, il s'est retenu parce que la soumission au Maître, c'est une religion pour laquelle il manifeste généralement des penchants extrémistes. Mais il en tremblait de colère.
Demain, j'adopte un varan de Komodo. Et après, je construis un bateau en attendant le déluge.
Excusez-moi de dire ça, mais Dame-Nature est vraiment une belle salope. A quoi ça sert de se faire chier tout le printemps avec les parades amoureuses, la nidification, la couvée et l'éducation des petits, si c'est pour qu'une stupide bourrasque vienne tout foutre par terre ?
Il faisait beau, je roulais tranquillement vers la mer. J'allais faire une course, avant de rejoindre mes meilleurs amis à la terrasse sous les arbres. Douce fin d'après-midi.
Quand j'avais quinze ans, j'étais interne dans un lycée gris. J'y avais une vie affective un peu perturbée, avec une jeune fille vraiment charmante, mais à l'humeur vraiment changeante, aussi. Le soir, on finissait les cours à cinq heures, on avait une heure d'étude obligatoire, on bouffait à six heures, et re-belote, étude obligatoire jusqu'à neuf heures. A dix heures, extinction des feux. Ca fait que le rare temps libre auquel on avait droit, entre 7 et 8, on le passait au foyer "mixte" (la notion de mixité était vraiment primordiale pour ne pas avoir envie de se tirer une balle dans la tête), à écouter des disques tristes en fumant des clopes (la loi Evin n'était pas encore née, je vous parle d'un temps où on pouvait mendier une cigarette au proviseur-adjoint quand il passait dans la cour du lycée).


