L'histoire commence en août 2001 : fort de mes nouvelles compétences en HTML4 (si !... Rétrospectivement, j'ai honte...), je décide de créer un site internet pour stocker de vieilles choses et garder le contact avec certains amis disséminés sur la toile. En novembre de la même année, je commence à actualiser ledit site régulièrement, puis quasiment tous les jours. Je ne connais pas encore les systèmes de publication de type CMS, donc chaque mise à jour devient un peu plus pénible à faire, puisqu'il faut actualiser tous les liens (et notamment la page "archives") à la main, en HTML.

En 2002 ou 2003, je ne me rappelle plus très bien, je passe à Spip. Puis, en 2004, à Dotclear, grâce à mon ami Xave.

De 2004 à 2006, l'audience de ce blog augmente de façon importante. D'abord parce que le référencement par Google est de plus en plus conséquent, ensuite parce que certains lecteurs signalent quelques-uns de mes billets à des sites contributifs comme rezo.net. Mes statistiques sont heureusement très loin d'égaler celles des "barons" de la blogosphère, mais elles m'effraient de plus en plus. Je tiens un blog pour m'amuser, pour garder la main sur le temps qui passe, pour faire rire les copains, pour me souvenir des choses qui m'émeuvent ou m'énervent, mais je ne tiens pas particulièrement à m'exposer au-delà de la sphère amicale.

Fin 2006, je compile quelques billets de ce blog dans un bouquin, sur un site d'autopublication. Cette expérience m'enchante, car elle me permet de garder bien vivant le souvenir de quatre années importantes dans ma vie personnelle et professionnelle. Soixante-trois exemplaires de ce "livre" sont vendus par le site en question, ce qui me surprend. Certes, cette andouille de Xave en a acheté onze, mais ça laisse quand même 52 personnes qui ont dépensé leurs deniers personnels pour lire mes petites conneries sans importance. La "blogosphère" est bien étonnante.

Début 2007, après un épisode assez désagréable, je décide que ça suffit. Je prolonge ce blog dans un espace réservé aux copains, accessible sur mot de passe. Mais je n'ai plus rien à dire. La veine s'est tarie, je n'ai plus ni l'envie, ni l'énergie, ni le recul, ni le sens de l'humour pour continuer à bloguer. Je ferme, je ré-ouvre, je referme, je ré-ouvre encore... Ça, je l'ai déjà fait à des tas de reprises, donc personne n'est véritablement surpris. Mais cette fois, c'est différent : il n'y a plus du tout de plaisir. J'ai beau souffler parfois sur les braises, je n'arrive pas à rallumer la flamme. Pire, je m'aperçois que je ne lis plus les autres blogs : chaque jour, les billets non-lus s'amoncellent dans mon agrégateur. À l'exception de ceux des amis, les blogs ne m'intéressent plus.

Sur un plan personnel et professionnel, les années 2006 et 2007 auront été celles des bilans et surtout des échecs. Je me relève en octobre 2007, lorsque je décide de reprendre la main sur le cours de ma vie professionnelle. Je me lance alors dans un projet qui monopolise toute mon énergie, et qui me fait travailler un minimum de douze à quatorze heures par jour. Plus du tout le temps de bloguer, pour le coup...

Donc voilà, c'est bien la fin. Il est temps de vraiment tourner la page.

Je garderai un excellent souvenir de ces années en ligne. D'abord, parce que ce blog m'aura permis de faire connaissance avec des gens qui sont devenus des amis "en vrai" (Kozlika, Ka, Mémé-Carbure) et que ces "effets secondaires" de l'activité de blogueur sont infiniment précieux. Ensuite, parce qu'on se sera, globalement, plutôt bien marrés. De ce point de vue-là, je peux remercier les commentateurs les plus fidèles : Fincasor, cette vieille planche pourrie de Zako3000, Fantôme du Pogo, Orion, ainsi que le polymorphe assidu qui se reconnaîtra, et tous ceux qu'il serait trop long de citer. Et puis les blogueurs, Raph, Ron, Gilda, Pascal, Ziquette[1], Christophe, Dominique, Post-It, L'Arno, Franck Paul... Sans compter ceux que j'oublie, naturellement, parce que le drame de la vie c'est qu'on oublie toujours des gens.

Il y a aussi ceux avec qui je me suis salement fritté au cours de ces années, Samantdi[2] et Laurent. Fâchages qui me navrent, car ce sont des gens que je respecte et que j'admire.

Une fois de plus, j'ai supprimé toutes les archives. Je sais que certains me haïssent pour cela. Mais j'ai toujours pensé que les billets de blog étaient des petites choses éphémères et sans importance, et rien ne m'énerve plus que les trucs qui fossilisent et prennent la poussière. Je laisse le Poulpe et l'Annexe en ligne, car je n'en ai pas fini avec eux. Pour le reste, si vous étiez lecteur(trice) de ce blog, et si vous souhaitez relire un ou plusieurs billet(s), je vous l'(les) enverrai en privé si vous me le(s) demandez par mail (nooonal chez gmail point com), y a pas de souci. Mais j'ai moi-même perdu une énorme partie des archives, c'est dire le peu de cas que je fais de ces trucs.

Si vous voulez savoir ce que je suis devenu, j'ai donc lancé une minuscule maison d'édition. Et co-écrit un livre. Bien sûr, entre octobre 2006 et fin 2007, l'idée avait fait son chemin tranquillement. Mais à l'origine de tout ça, il y a le petit recueil autopublié de billets de ce blog. Alors oui, entre les gens que j'aime (et dont je parlais plus haut) et ces projets devenus réalité, on peut dire que le blog a changé ma vie.

Arno

Post-scriptum. Comme je ne lis plus de blogs, je ne découvre plus de blogs non plus, évidemment. C'est bien bête. Le dernier que j'ai entré dans mon agrégateur, c'est celui du Tampographe Sardon dont le dernier billet, par exemple, me fait bêtement hurler de rire. Mais c'est même pas un vrai blog, on ne peut pas dire "LOL" ni "PTdr" dans les commentaires. Alors soyez sympa : indiquez-moi des blogs bêtes qui me feront ricaner pendant les longues soirées d'hiver.

Notes

[1] Qui vient de se faire piquer son nom de domaine par un squatter de sites, la pauvre.

[2] Qui ne répond pas non plus à l'adresse que j'avais.